Transitions du travail : l’Unédic place la formation au cœur de la sécurisation des parcours
Face aux transitions écologique, numérique et démographique, la présidente de l’Unédic insiste sur le développement des compétences et les reconversions. Pour les professionnels de la formation, l’enjeu est d’anticiper les mobilités plutôt que d’attendre les ruptures d’emploi.

Les transformations du marché du travail renforcent le rôle de la formation dans la sécurisation des parcours professionnels. Dans un entretien publié le 15 octobre 2026 par l’Unédic, sa présidente Patricia Ferrand relie trois évolutions — écologique, numérique et démographique — à l’apparition de nouveaux besoins de compétences, aux reconversions et aux mobilités professionnelles. Son propos ne crée pas un nouveau droit à la formation ni un financement supplémentaire. Il éclaire cependant les priorités auxquelles les acteurs de l’emploi et de la formation devront répondre.
La transition écologique constitue un premier moteur de changement. Selon la présidente de l’Unédic, tous les secteurs seront concernés, avec des effets particulièrement visibles dans le bâtiment. L’adaptation des logements aux épisodes de chaleur, l’emploi de nouveaux matériaux et la transformation des méthodes de travail imposeront de former les salariés, soit pour exercer des emplois nouvellement créés, soit pour changer d’activité. Les événements climatiques extrêmes peuvent aussi affecter directement l’activité des entreprises et accroître, en dernier recours, le recours à l’activité partielle.
La transition numérique et l’intelligence artificielle modifient de leur côté les tâches et l’organisation du travail. L’entretien cite notamment la traduction, la comptabilité et l’informatique parmi les domaines déjà exposés. L’Unédic ne présente pas ces évolutions comme une simple disparition d’emplois : certaines tâches peuvent être supprimées tandis que de nouvelles apparaissent. La question opérationnelle devient donc celle de la préparation des personnes aux compétences attendues dans l’ensemble des secteurs. Patricia Ferrand défend par ailleurs une intelligence artificielle contrôlée par l’humain et qui ne prenne pas seule les décisions.
Le vieillissement de la population complète ce tableau. Il devrait augmenter les besoins dans les métiers du soin et de l’accompagnement des personnes âgées, alors même que ces professions sont décrites comme peu valorisées et soumises à des conditions de travail difficiles. L’âge constitue également un frein au retour à l’emploi. La sécurisation des parcours ne peut donc pas commencer uniquement après une perte d’emploi : elle implique aussi le maintien dans l’emploi et l’adaptation des compétences en amont.
Pour les responsables formation, les organismes de formation et les entreprises, le point à retenir est la nécessité de relier chaque transition à des activités précises. Il faut identifier les tâches qui évoluent, les compétences devenues nécessaires et les publics exposés à une mobilité. L’entretien rappelle aussi que l’Assurance chômage n’agit pas seule : entreprises, partenaires sociaux, acteurs de la formation et services d’accompagnement devront coordonner leurs réponses. La publication de l’Unédic fournit ainsi un cadre de lecture, mais pas encore un programme opérationnel unique applicable à tous les secteurs.
